Tommaso CARLI statuaire natif de Coreglia


Tommaso CARLI,
 figuriste et statuaire, né le 23 septembre 1838* à Coreglia Antelminelli, province de Lucca en Toscane. Il est le fils de Frediano et de Violante BERNINI. Thomas, comme il se fait appeler au Québec, est recensé à Coreglia en 1864 avec ses parents et ses frères et soeurs. Il a pourtant quitté l'Italie depuis environ 7 ans. 




Ce document est un recensement mis à jour par la paroisse à mesure que la famille s'agrandit. On y trouve des renseignements fort intéressant pour tout généalogiste ou historien de famille, soit les dates de naissance, de décès et même les mariages, et ce, sur un seul et unique document.

Extrait du recensement de 1864. Source : Collection du Barga Genealogy Research Group.

Thomas CARLI, à l'instar de plusieurs figuristes et statuaires originaires de la province de Lucca, s'est embarqué à Livourne. Il a 18 ans lorsqu'il quitte son pays. Il fait la traversée à bord du Meridian à destination de New York où il arrive le 9 juin 1856. Son père Frediano est avec lui. Ce dernier décèdera à Coreglia le 17 novembre 1871.

Liste du Meridian, 9 juin 1856. Source : New York, Passenger Lists, 1820-1957.

Extrait de la page du manifeste du Meridian de 1856.

Un peu plus de quatre ans après son arrivée, Thomas CARLI épouse Mathilde PICHETTE le 26 novembre 1860 à Montréal. Un compatriote, dont on n'a pas encore réussi à lire le nom, lui sert de témoin. À noter que l'époux signe son nom en français: Thomas CHARLES. Le couple a eu plusieurs enfants, soit Alexandre, Edmond, Ferdinand, Charles, Marie-Louise, Albina, Berta et Leonilda. 

Extrait du registre paroissial de Notre-Dame de Montréal.
    
CARLI a d'abord son atelier rue St-Laurent à Montréal en 1859. Il s'installera ensuite rue St-Dominique puis sur la rue Wolfe. Enfin, il s'installe rue Notre-Dame.

Annuaire Lovell de Montréal de 1859-1860.

Le 1er mai 1878, Thomas CARLI est naturalisé et devient citoyen canadien. 

Enregistrement de la citoyenneté de Thomas Carli.

En 1886, Thomas CARLI rentre d'un séjour en Italie à bord du Bourgogne en passant à nouveau par New York. Le métier déclaré est bien celui de statuaire.

Extrait du manifeste du navire le Bourgogne.

À au moins deux reprises, en 1889 et en 1891, son atelier de la rue Notre-Dame a subi de lourds dommages suite à un incendie. Le premier des deux est d'origine criminelle. Un employé trop porté sur l'alcool mis à pied par Carli a voulu se venger.

L'événement, édition du 22 février 1889.

Mathilde PICHETTE décède le 27 mars 1902 à Montréal. Le 26 novembre suivant, Thomas CARLI épouse en secondes noces Annie PRENDERGAST à la cathédrale Saint-Jacques-le-Majeur de Montréal. Cette seconde union sera de courte durée puisque Thomas CARLI décède à son tour le 26 avril 1906 à Montréal à l'âge de 68 ans.


S. 375 - «L'Honorable Marchand». Thomas Carli. Musée de la Province de Québec. BAnQ.

Deux de ses oeuvres sculptées font partie de la collection du musée national de Beaux-Arts du Québec.
Un christ en croix se trouve dans le répertoire du patrimoine culturel du Québec. ▪︎

Carlo LUCIGNANI dit Charles LUSIGNAN

Joannes Carolus LUCIGNANI, fils de Matteo (fils de Cristoforo) et de Domenica (fille de Pasquino) PIERONI, est né et a été baptisé le 31 mars 1730 à la paroisse San Giusto du bourg de Tiglio, commune de Barga, province de Lucca, en Toscane. Il décède à Montréal le 18 mai 1825.

Extrait du registre de la paroisse San Giusto de Tiglio.

Selon une notice biographique publiée dans un ouvrage intitulé La Bibliothèque canadienne, Carlo aurait quitté son village montagnard en 1741 pour se rendre à Rome chez un oncle où il demeure durant une année. En 1742, il part pour la France en passant par le Piedmont. Il arrive à Paris en 1743 où il sera en apprentissage chez un artiste plusieurs années. Il aurait ensuite parcouru une grande partie des provinces de France fort probablement à vendre des statuettes de plâtre. En 1748, peu après le décès de sa mère, il rentre à Rome chez son oncle. Il repassera à nouveau en France en 1751. 

Carlo LUCIGNANI, connu en France puis au Québec sous le nom de Charles LUSIGNAN, s'embarque pour le Canada en 1756 ou en 1757. À son arrivée à Québec, désordre et famine l'attendait. Des années plus tard, il confiait que la traversée avait été longue et difficile et que la moitié de l'équipage était mort faute d'eau et de vivres. Le navire avait dû rebrousser chemin et passer par le détroit de Belle Isle après avoir rencontré des navires anglais. Toujours selon la notice, il a été recruté comme volontaire par l'armée française et s'est retrouvé à Carillon la veille de la fameuse bataille.

Carlo LUCIGNANI a épousé Josette ARRIVÉ, fille de Jacques et de Marie Anne LAFORCE, le 4 avril 1758 à Boucherville au Québec. Selon l'acte de mariage, l'époux est le fils de feu Mathieu LUCIGNANI et de Marie Anne MADALENI. Le nom de sa mère diffère de celui cité dans son acte de baptême. Mais il n'existe aucun couple Lucignani-Madaleni à Tiglio à l'époque de la naissance de Carlo. À noter aussi qu'un compatriote lui a servi de témoin. Il s'agit de Filippe LUCHESI dont nous avons déjà parlé dans ce blog. 

Extrait du registre de la paroisse Sainte-Famille de Boucherville.

Un seul enfant est né de cette union, à notre connaissance, et est décédé en bas âge. La première épouse de LUCIGNANI est décédée le 25 février 1788 à Montréal et a été inhumée le lendemain.

À Québec le 4 mars 1789, Carlo LUCIGNANI épouse en secondes noces Madeleine PÉPIN LAFORCE, fille d'Hippolyte et de Marie Madeleine CORBIN. Sept enfants sont issus de ce couple dont certains assureront sa descendance.

Acte du second mariage de Carlo LUCIGNANI, extrait du registre de Notre-Dame de Québec.

Le garzone, colporteur et vendeur de statuettes de plâtre, qu'était le jeune LUCIGNANI losqu'il vivait à Paris a su grandement améliorer son sort de ce côté de l'Atlantique. Après la prise de Québec par les Anglais, il est retourné à Paris pour y négocier les billets d'ordonnance pour les Canadiens, autant de promesses de remboursement pour les dépenses que ceux-ci avaient encourues en nourrissant ou en hébergeant des soldats. De retour au Québec, il est devenu négociant. Il a bien mené ses affaires si bien qu'à la fin de sa vie, il avait amassé une petite fortune.

Quelque temps avant sa mort, LUCIGNANI affirmait avoir 106 ans. Eh non, Carlo LUCIGNANI n'était pas centenaire lorsqu'il est mort, mais il a tout de même atteint l'âge vénérable de 95 ans, ce qui est fort honorable. ▪︎


Sources:

BAnQ numérique : La Bibliothèque canadienne édition d'octobre 1825, pages 30-32.

Généalogie Québec : base de données LAFRANCE. (abonnement requis).

Barga Genealogy Research Group : registre paroissial numérisé de San Giusto de Tiglio. (abonnement requis)