Gio Raffaele PIEROTTI statuaire (1851- avant 1931)

Gio Raffaelo PIEROTTI est né le 20 août 1851 à Rocca, hameau de Borgo a Mozzano près de Lucca en Toscane. Il est le fils de Francesco et de Maria Maddalena MOTRONI. Il s'établira au Québec comme statuaire vers 1877.


Extrait du registre des naissances de 1851 de Borgo a Mozzano.

La toute première trace de PIEROTTI que nous ayons retrouvée à ce jour est celle de son mariage avec Léocadie FERRON fille de Téophile et Rose de Lima HéROUX le 24 septembre 1878 à la paroisse Sacré-Coeur de Montréal. Il est alors statuaire de métier.

Extrait du registre de la paroisse Sacré-Coeur de Montréal.

On le retrouve également dans l'annuaire Lovell de Montréal en 1879-1880. Il habite au 164, rue Montcalm. Il est alors plâtrier.

Raphael et sa première épouse auront au moins 10 enfants dont la plupart décèdera en bas âge. Au moment du recensement de 1891, la famille installée à Montréal compte trois enfants. Raphaël a alors 40 ans, Léocadie en a 30, Louisa a 9 ans, Yvonne 2 ans et un garçon vient tout juste de naitre.


Extrait du recensement de 1891 de Montréal.

Enfants de Raphael PIEROTTI et Léocadie FERRON.

Après le décès de sa fille Pauline, Raphael semble avoir quitté Montréal. Il n'est plus listé dans l'annuaire Lovell. Il réapparait dans l'édition de 1899-1900. Et le 22 octobre 1900, Raphael PIEROTTI veuf de Léocadie FERRON épouse Marie TRUDEAU, fille de Pierre et Elisabeth DUBUC, à la paroisse Saint-Pierre-Apôtre de Montréal. Nous n'avons retrouvé aucune trace du décès de sa première épouse. 

Extrait du registre de la paroisse Saint-Pierre-Apôtre de Montréal.

Au recensement 1901, Raphael est à Montréal avec sa 2e épouse, mais il n'y a aucune trace des enfants recensés avec lui en 1891. Marie TRUDEAU décèdera le 11 avril 1902 à Montréal. Le couple n'a eu aucun descendant.

Suite au décès de sa 2e épouse, Raphael PIEROTTI quitte Montréal pour Sainte-Agathe-des-Monts où le 20 juillet 1902, il convole en 3es noces avec Exilda SAINT-AUBIN, fille de Moïse et Domithilde DESCHAMBAULT.


Extrait du registre de Sainte-Anne-des-Monts.


Le couple aura les quatre enfants suivants :


On retrouve Raphael, son épouse Exilda et trois enfants au recensement 1921 à Sainte-Agathe-des-Monts. Raphael sera également présent au premier mariage de son fils Joseph. Au recensement de 1931, Exilda vit avec son fils Joseph. Elle est veuve. Exilda décèdera le 1er janvier 1945 à Sainte-Agathe-des-Monts.

Extrait du recensement de 1921 de Sainte-Agathe-des-Monts.

Aurelio BERTONI statuaire de la province de Lucca à Lauzon

 On ne peut dissocier le statuaire Aurelio BERTONI de son compatriote Samuele RELA qui a déjà fait l'objet d'un article sur ce blogue. Ces deux hommes sont originaires de la même province de Toscane, Lucca, et fort probablement de la même commune, Borgo a Mozzano. Ils étaient partenaires d'affaires et sont même devenus beaux-frères en mariant deux soeurs.

Selon son acte de mariage, Aurelio BERTONI est le fils d'Angelo et de Maddalena BERTOLOTI. Si ce document ne nous indique pour origine que son pays, d'autres documents la précisent davantage. 

Signature tirée du contrat de mariage.

C'est dans l'annuaire Lovell de Montréal de 1882-1883 que nous retrouvons la toute première trace de BERTONI au Québec. Il réside au 255 de la rue Wolfe. Il parait aussi dans celui de 1883-1884. Il habite alors au 96 rue Saint-Constant.

Extrait de l'annuaire Lovell de Montréal 1882-1883.

En 1884, BERTONI quitte Montréal pour Québec. Dans un acte de vente du 2 août 1884 passé devant le notaire Alexandre GAUVREAU, on apprend que BERTONI et RELA acquièrent ensemble un emplacement constitué d'un terrain situé à Lauzon sur lequel se trouve une maison de deux étages et des dépendances. Ils en obtiendront quittance le 21 novembre 1887 devant le même notaire. Celui-ci précise que BERTONI et RELA sont originaires de Lucca en Italie. Il s'agit de la province de Lucca et non de la ville. Nous savons déjà que RELA est originaire de Valdottavo, commune de Borgo a Mozzano. 

Extrait de l'acte de vente du 2 août 1884, étude du notaire Alexandre Gauvreau.

Un second document notarié confirme que BERTONI vient de Lucca. Il s'agit de son contrat de mariage passé devant maitre Marcel BOURGET le 22 octobre 1884.

Extrait du contrat de mariage d'Aurelio BERTONI et Florida BARGONE.

Aurelio BERTONI épouse Florida BARGONE, fille mineure d'Ambroise et d'Henriette GONTHIER, le 27 octobre 1884 à la paroisse Saint-Joseph de la Pointe-Lévy à Lauzon, au Québec. Il s'agit d'un mariage double car le même jour, Samuele RELA épouse Eleonore BARGONE, la soeur de Florida. Outre le père de l'épouse, Michele BARGONE, son oncle, est présent ainsi que Michele RIGALI, statuaire de Québec.

Acte de mariage tiré du registre de la paroisse Saint-Joseph de la Pointe-Lévy.

On retrouve Aurelio BERTONI, 48 ans, avec Florida, 23 ans, son épouse au recensement 1891 dans le village de Lauzon. Le couple n'a pas d'enfants et habite avec la famille RELA la maison achetée quelques années plus tôt. Si Aurelio n'a pas eu de descendants avec son épouse, en revanche ils ont été parrain et marraine de sept enfants.

Extrait du recensement 1891, village de Lauzon.

Aurelio parait à quelques reprises comme plâtrier dans l'annuaire l'Indicateur de Québec et Lévis sous la variante de BERTHÉNI. Il faut souvent faire preuve d'imagination pour retracer quelqu'un en généalogie.

Extrait de l'Indicateur de Québec et Lévis.

L'histoire d'Aurelio et de son épouse se terminera abruptement d'abord par le décès de Florida BARGONE, 31 ans, survenu le 30 septembre 1899 à Lauzon. Aurelio, qu'on dit âgé de 50 ans, la rejoindra le 1er février suivant.

Si vous avez bien suivi, vous avez noté qu'Aurelio a déclaré avoir 48 ans au recensement 1891 et que, 9 ans plus tard, à son décès, il n'a que deux ans de plus. Sans autres documents pour établir son âge, il sera difficile de retracer l'acte de naissance, voire même l'origine exacte de ce migrant.

Lu musée des Beaux-Arts de Québec possède une statuette de l'artiste. Vous pouvez la voir à cette adresse.


Sources
Ancestry : registres paroissiaux d'état civil du Québec 
Ancestry : actes notariés, Québec, Canada, 1637-1935
BAnQ : collection des annuaires Lovell de Montréal
BAnQ : collection des annuaires Québec et Lévis
BAC : collections des recensements du Canada


Achille BIAGINI statuaire de Borgo a Mozzano en Toscane

 Achille BIAGINI a somme toute laissé peu de traces au Québec. Statuaire de métier, il s'installe pendant quelques années à Lauzon puis vers 1900, il part s'établir en Californie où il décèdera en 1911.

Au moment où Achille BIAGINI arrive dans la région de Québec, il est déjà marié et a au moins deux filles nées en Italie. La toute première trace que nous trouvons est la naissance de son fils Joseph Aurèle à Lauzon le 19 juin 1890. La mère de l'enfant se nomme Rosa ORTICELLI. Le nouveau-né a pour parrain Aurelio BERTONI et pour marraine, Florida BARGONÉ l'épouse du parrain.

Le 28 juillet suivant à Lauzon, Massima, fille ainée d'Achille et de Rosa ORTICELLI, épouse Auguste FABBRI, fils de Bartolomeo et de Giovanna PAGNINI (Pachi dans l'acte)



Quelques semaines plus tard, le 13 octobre, également à Lauzon, sa fille Virginie BIAGINI convole en justes noces avec Benedetto PERSICHINI, fils de Michele et Giuseppe De CECCO. Achille BIAGINI, sa fille Massima ainsi que le mari de cette dernière, Agostino FABBRI, sont présents et signent l'acte de mariage.


Achille BIAGINI est recensé au village de Lauzon en 1891 avec son épouse, son fils Aurèle ainsi qu'avec sa fille Virginie et l'époux de cette dernière. Selon ce recensement, Achille alors âgé de 43 ans serait né vers 1848 en Italie. Il est plâtrier et possiblement fabriquant de statuettes de plâtre. Son gendre fait le même métier que lui.


Vers 1891-1892, on retrouve Achille BIAGINI au 97 rue Campeau à Montréal comme l'indique l'annuaire Lovell de 1892.


Puis, le 5 mai 1893, Rosa ORTICELLI, épouse d'Achille BIAGINI statuaire, décède à Montréal à l'âge de 46 ans. Elle est inhumée le 8 mai dans le cimetière de la paroisse Notre-Dame.


Quelques années plus tard, en 1908, Aurèle BIAGINI, qui a troqué son prénom pour celui de George, traverse la frontière canado-américaine à Somas dans l'état de Washington. Il déclare que son plus proche parent au Canada est son beau-frère George PERSICHINI. Ce dernier habite au 641 Portage avenue à Winnipeg. George BIAGINI indique qu'il se rend chez son père Achille BIAGINI qui habite au 1530 Silver avenue à San Francisco.

Au recensement 1910, on retrouve Achille BIAGINI âgé de 66 ans et chambreur à Healdsburg dans le comté de Sonoma en Californie.

Achille BIAGINI décède le 14 mars 1911 à San Mateo en Californie. L'avis de décès publié dans les journaux locaux nous fournit assez d'informations pour nous permettre de faire une hypothèse sur son lieu d'origine car outre ses trois enfants, Achille laisse aussi une soeur dans le deuil. Elle s'appelle Filomena LUVISI. 

En faisant une recherche, nous trouvons un couple qui peut correspondre. Il s'agit de Romualdo LUVISI et Filomena BIAGINI, fille de Luigi et de Margherita MARCUCCI, mariés le 9 février 1864 dans la commune de Borgo a Mozzano en Toscane. Un fils est né et baptisé le 15 décembre 1864 dans le village de Diecimo, hameau de la commune de Borgo a Mozzano. Puisque les registres numérisés de Borgo a Mozzano ne couvrent pas la période de la naissance d'Achille, il restera toujours un doute quant à son lieu de naissance. Toutefois, un autre document nous permet de conclure qu'Achille est très probablement né à Diecimo. Massima BIAGINI FABBRI âgée de 44 ans, se rendant visiter son frère à Winnipeg en 1914, précise qu'elle habite et qu'elle est née à Diecimo, province de Lucca, en Toscane. 




Sources

Antenati et FamilySearch : actes d'état civil en Italie (gratuit)

Ancestry : recensements (abonnement requis)

BMS2000 : actes d'état civil du Québec (abonnement requis)

BAnQ : collection d'annuaires Lovell de Montréal (gratuit)





Gaetano George BACCERINI, statuaire originaire de Volterra en Toscane (2e partie)

Oeuvre de Baccerini

Dans un précédant article, nous avons conclus que nous avions tous les éléments pour réussir à établir l'origine de Gaetano BACCERINI et identifier ses parents. Et nous avons bel et bien confirmé ces informations. 

En utilisant les bases de données disponibles en ligne, nous avons facilement retrouvé le premier mariage de Gaetano. Celui-ci a eu lieu le 7 mai 1851 à Portoferraio, île d'Elbe, où Gaetano, alors âgé de 23 ans, est commerçant. Il est le fils d'Ottaviano BACCERINI et de Maria GROSSI vivant à Volterra en Toscane. Son épouse, Rosa CONTI, âgée de 24 ans, est la fille de feu Antonio et de Francesca DONATI de Portoferraio.

Extrait du registre de Portoferraio, île d'Elbe.

La famille d'Ottaviano BACCERINI est bien originaire de Volterra, dans la province de Pise en Toscane. On trouve les naissances de leurs enfants entre 1818 et 1836 au registre d'état civil de Volterra. Celles-ci sont souvent espacées d'une quarantaine de mois. La naissance d'un enfant mâle le 28 janvier 1826, à Volterra, pourrait correspondre à celle de Gaetano selon notre estimation. Toutefois le nom donné à ce garçon est Zaccharia Sabatino. 

On retrouve la famille BACCERINI, toujours à Volterra, dans le recensement de 1841. Ottaviano BACCERINI âgé de 47 ans est "alabastraio", c'est à dire fabricant et vendeur d'objets réalisés en albâtre. Il est recensé avec son épouse Maria, ménagère âgée de 43 ans, et cinq enfants, dont Gaetano âgé de 15 ans, ce qui concorde avec la naissance de Zaccharia Sabatino mentionné plus haut. Au moment du recensement, Ottaviano et deux de ses fils se trouvent à Malte tel qu'indiqué dans la dernière colonne du recensement. 

Extrait du recensement de 1841 de Volterra.

Gaetano BACCERINI, de son premier mariage avec Rosa Conti mentionné plus haut, a eu au moins trois enfants. Dans un article précédant nous avions mentionné Ettore et Palmira. Toutefois, le premier enfant issu du couple s'appelait Arrio Antonio. Il est né à Volterra le 5 juin 1852. Palmira, appelé Eléonora dans son acte de naissance, vient au monde le 6 septembre 1854 à San Gimignano où Gaetano s'est installé brièvement. Ettore suivra le 16 janvier 1856 au même endroit. Hormis le décès de la mère de Gaetano en 1857 à San Gimignano, nous n'avons pas trouvé à ce jour d'autre trace de lui en Italie les années suivantes.

Nous savons que les enfants de Gaetano nés au Canada ont pour mère Mary Ellen Sleigh et que cette dernière est née en Angleterre. Nous avons aussi comme information que Gaetano se serait marié en secondes noces à Edimbourg. Nous n'avons pas trouvé ce mariage, mais en 1858 une fille nommée Joséphine BACCERINI, dont la mère a pour nom de famille SLEIGH, âgée de moins d'un an, décède à Edimbourg. 

Au recensement 1861, à Liverpool, on retrouve Gaetano BACCERINI (Gaston dans le document) importateur de marbre âgé de 34 ans et Helen Sleigh, femme de ménage «housekeeper», née à Liverpool et âgée de 22 ans. Lui est marié, mais elle ne l'est pas. 


Peu après le recensement de 1861, un fils de Gaetano et Ellen, Victor Joseph BACCERINI, nait à Liverpool. Il décèdera à Montréal le 14 août 1864 à l'âge de 3 ans et 4 mois. Par la suite, les naissances s'enchaineront entre 1864 et 1882. Les baptêmes ont tous lieu à Notre-Dame de Montréal, sauf les deux premiers en 1864 et 1865 qui sont enregistrés à la paroisse Saint-Patrick de Montréal. 

On peut entre autres suivre Gaetano et sa famille dans les divers recensements du Canada. En 1871, Gaetano est statuaire de métier, il a 45 ans, il est marié et a trois enfants. 

Extrait du recensement 1871 de Montréal.

Au recensement 1881, on le dit contracteur. Il a 54 ans. Trois enfants se sont ajoutés à la famille. Enfin au recensement 1891, le dernier où nous retrouvons Gaetano, il est alors entrepreneur. Il est veuf et deux enfants habitent toujours avec lui. Le ménage suivant au recensement 1891 est celui de sa fille Victoria.

Extrait du recensement 1881 de Montréal.

Extrait du recensement 1891 de Montréal.

Dès 1862, Gaetano BACCERINI, en partenariat avec Pasquale FILIPPI, fonde à Montréal la Maison Baccerini, compagnie spécialisée dans la confection de statues moulées en ciment. Il engage des sculpteurs, dont Tommaso CARLI. Une des oeuvres réalisées par sa compagnie est celle de la statue de l'Immaculée Conception que l'on peut apercevoir dans une niche en façade de la cathédrale Notre-Dame de Montréal. En 1871, sa compagnie est chargée de refaire le bas-relief de la colonne Nelson en ciment. On peut lire le contrat original dans le site des Archives de la Ville de Montréal.

En 1878, BACCERINI réalisera la décoration des murs intérieurs, des liliers et des pilastres de la nouvelle église paroissiale à Yamachiche. Ceux-ci sont faits en stuc, appelé «scagliola», imitant le marbre tant par l'apparence que le poli. Au printemps 1880, une fois les travaux à Yamachiche terminés, Baccerini fera la promotion de son expertise dans le journal La Minerve. Il s'y annonce encore comme statuaire, mais aussi entrepreneur.

En juillet 1879, Gaetano BACCERINI et Pasquale FILIPPI procède à la dissolution de leur société devant le notaire Joseph Auguste Odilon LABADIE. Dans les archives notariées, on retrouve plusieurs protêts contre BACCERINI, mais peu de contrats.

Les deux derniers enfants de Gaetano, nés en 1880 et en 1883, décèderont en bas âge. En avril 1884, c'est sa fille Virginia BACCERINI qui s'éteint à l'âge de 20 ans. Puis, le 5 février 1887, Gaetano perd son épouse, Mary Ellen SLEIGH. Gaetano la rejoindra le 31 janvier 1895. Il est inhumé le 3 février suivant dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.


Registre de Notre-Dame de Montréal. Acte de sépulture de Gaetano BACCERINI.



Sources

Antenati - Registres d'état civil de Volterra, San Gimignano et Portoferraio.
BAC - Les recensements du Canada.
Ancestry - Registres d'état civil du Québec.
Archives de la Ville de Montréal - contrat colonne Nelson.

Gaetano George BACCERINI, statuaire originaire de Volterra en Toscane

La Minerve, 1863
Gaetano BACCERINI fait partie des migrants qui se sont mariés avant de s'installer au Québec. L'absence d'acte de mariage révélant l'identité de ses parents et son origine complique les choses. Dans un tel cas, il devient difficile, voire impossible, de déterrer les racines d'un migrant. Mais voyons ce que l'on peut tirer des archives.

La première étape de la recherche consistera à dresser une fiche de famille en y consignant les dates de naissances et de baptêmes des enfants, le nom des parrains et marraines, les mariages des enfants, leur décès, le décès du migrant. On pourra ensuite consulter les divers recensements dans lesquels on retrouve la famille, ce qui nous permet de vérifier si notre fiche est complète, le cas échéant de la compléter et surtout d'évaluer l'année de naissance du migrant grâce à l'âge qui y est mentionné. Cette dernière étape nous a permis d'estimer la naissance de Gaetano BACCERINI à 1826-1827. Le recensement de l'année 1871 nous apprendra aussi que BACCERINI est statuaire, métier qu'il abandonnera pour celui de contracteur. 

Comme deuxième étape de recherche, la consultation des répertoires des notaires nous apprendra entre autres que le statuaire BACCERINI s'est associé à d'autres compatriotes tels Pietro MORETTI, Pascuale PHILIPPI, Carlo CATELLI ou même Thomas CARLI.

C'est toutefois un acte de déclaration du décès de Gaetano BACCERINI daté du 8 février 1895 passé devant Me Napoléon THÉORET, qui a retenu notre attention. Dans cet acte, le déclarant Leonardo BACCERINI, fils de Gaetano, informe le notaire que son père a deux enfants nés d'un premier mariage, dont il ignore l'identité. Un deuxième acte de déclaration, daté du 20 février 1895, nous informe que le défunt a fait un testament en date du 22 août 1894 chez le même notaire. 


Acte du 16 janvier 1899
Puis, le 25 février 1895, le notaire Napoléon Théoret procède à l'inventaire des biens de Gaetano BACCERINI. Par testament, BACCERINI a fait plusieurs dons particuliers et termine en précisant que la balance de ses biens, il les donne et lègue à tous ses enfants tant nés de son premier mariage que ceux nés du second pour être divisés entre eux à parts égales. Le notaire n'a pas d'autre choix que de tenter de retracer les deux enfants du premier lit pour respecter les dernières volontés de BACCERINI. En prime, les comparants à l'inventaire, Leonardo BACCERINI fils de Gaetano et Eugène GARNEAU son gendre, ajoute que le second mariage de Gaetano BACCERINI a eu lieu à Edimbourg, en Écosse!

La recherche des enfants du premier lit aura porté fruit. Le 16 janvier 1899 devant Me Napoléon THÉORET comparait Me Girolamo INTERNOSCIA avocat et mandataire des enfants du premier mariage de Gaetano. Leur mandat a été rédigé par Me Giusto PAOLETTI notaire de Volterra en Toscane. Cet acte du 25 avril 1898 précise que la première épouse de Gaetano s'appelait Rosa Conti, que leur fils Ettore BACCERINI est cuisinier à Portoferraio, île d'Elbe, et que leur fille Palmira BACCERINI est l'épouse de Lorenzo CAPPELLI et habite à Volterra.

Nous avons maintenant ce qu'il faut pour retracer l'origine de Gaetano BACCERINI.

À suivre / ...

Sources

Ancestry - baptêmes, mariages, sépultures au Québec et les répertoires des notaires du Québec
BAC - recherche dans les recensements du Canada.


Une petite communauté italienne à Québec et Lauzon

 Dès la seconde moitié du 19e siècle, des migrants italiens arrivent régulièrement au Québec. Ils s'installeront dans les villes telles que Montréal ou Québec, mais également dans de plus petits villages. Cette migration s'accentuera avec les années.

Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy, Lauzon.
Ambroise BARGONE s'installe à Lauzon vers 1863. Puis Pierre STOFILE, originaire de la région de Naples, s'y établira vers 1866. Les deux auront plusieurs enfants nés à Lauzon. Toutefois Ambroise semble davantage en relation avec d'autres compatriotes implantés dans la région de Québec ou à Lauzon-même. Cela se révèle par le choix des parrains de ses enfants, tous baptisés à Lauzon.

Le tout premier à être choisi comme parrain, c'est Michel RIGALI. Il a pour filleule Émilia BARGONE baptisée le 21 mai 1872. Pour son fils Michel baptisé le 12 juillet 1874, Ambroise choisit Louis BERTI également établi à Québec. Le frère d'Ambroise, Michel BARGONE, sera le parrain de son neveu Joseph Stephen le 30 avril 1881. François RIGALI, fils de Michel, sera le parrain d'Alexandre BARGONE baptisé le 19 août 1883. 

Vers 1884, la communauté italienne de Lauzon s'agrandit. Caroline BARGONE baptisée le 14 mai 1885 aura pour parrain son beau-frère Aurélien BERTONI époux de sa soeur Florida. Achille BIAGINI, statuaire durant quelques années à Lauzon, sera le parrain de Ritchie BARGONE baptisé le 23 novembre 1886. Enfin, Angelina BARGONE baptisée le 30 mai 1889 sera la filleule de François SIGNORETTI, vénitien établi à Québec. 

Un autre migrant, Samuel RELLA, s'implante à Lauzon. Il y épouse Éléonore BARGONE, la fille ainée d'Ambroise le 27 octobre 1884. Leur mariage a lieu le même jour que celui de Florida, soeur d'Éléonore, avec Aurélien BERTONI. Des seize enfants nés de l'union de Samuel et Éléonore, la moitié ont pour parrain un migrant venu d'Italie et trois ont une marraine italienne. Sept de leurs filles épouseront un italien.







Sources

BMS2000 - baptêmes, mariages et sépultures


Michele BARGONE, Paolo BERTI et Pietro FEDELI

 

En poursuivant ma recherche sur la famille BERTI, je suis tombée sur cette liste de passagers arrivés à New York en date du 12 avril 1875. Il est indiqué dans l'en-tête que le navire a pris des passagers à Livourne, Marseille, Messina, Palerme et Cadix.


Extrait de la liste de passagers de l'Olympia du 12 avril 1875

Sur cette liste, on retrouve un nommé Paolo BERTI marin de profession âgé de 48 ans. Il s'agit du frère ainé de Luigi dont il est question dans un précédent article. Il se dit originaire d'Italie, le formulaire précise qu'il a l'intention de s'installer aux États-Unis.

Paolo n'est pas le seul du clan BERTI à bord. Pietro FEDELI marin âgé de 37 ans, est l'époux de Vittoria BERTI soeur de Luigi et Pietro. Paolo BERTI a même servi de témoin au mariage de Vittoria et Pietro qui a eu lieu le 3 décembre 1859 à Livourne. 

Mais quelle ne fut pas ma surprise de retrouver comme compagnon de voyage un certain M. BARGONE fils de feu Stefano âgé de 44 ans, aussi marin de profession. C'est le seul passager à préciser le prénom de son père. Pourrait-il s'agir de Michele, frère d'Ambroise BARGONE ? Cela est très plausible. 


Sources

Ancestry - Liste de passagers de l'Olympia. (abonnement requis)
FamilySearch - Registres d'état civil de Livourne. (compte gratuit)


Luigi BERTI 1832-1880 de Porto Azzuro, Ile d'Elbe, à St-Roch ville de Québec


Luigi BERTI est né le 17 novembre 1832 à Lungone, aujourd'hui Porto Azzurro, île d'Elbe en Toscane. Il est le fils de Gaspero BERTI et de Caterina PACINOTTI. Il décède le 2 février 1880 à Québec, quartier Saint-Roch, à l'âge de 44 ans. 


Extrait du registre des naissances de 1832 de Lungone, île d'Elbe.

Le recensement de 1841 du duché de Toscane est un document incontournable de la recherche généalogique dans cette région. Or, on y retrouve la famille de Gaspero BERTI recensée à Lungone. Comme les informations se trouvent sur deux pages, j'ai préparé un montage (voir plus bas)

Gaspero BERTI exerce le métier de marin alors que son épouse, Caterina, est ménagère. La famille compte cinq enfants dont quatre sont issus du couple, soit Paolo 13 ans, Luigi 11, Vittoria 9 et Maria 4. La cinquième est une enfant abandonnée «gettatella» âgée de 4 ans recueillie par la famille. À l'époque, il était fréquent pour un ménage de prendre en charge des enfants.

Extrait du recensement de 1841 de Lungone, île d'Elbe.

La toute première trace de Luigi BERTI dans les archives au Québec est son mariage avec Philomène CLAVET, fille de François CLAVET et Julie CHAMBERLAND, le 7 novembre 1854 à la paroisse Saint-Roch, ville de Québec. Louis est alors agréeur de navires.

Acte de mariage de Louis Berti et Philomène Clavet.

Quelques années plus tard, on retrouve Louis et sa famille au recensement de 1871 toujours dans le quartier Saint-Roch de Québec. Le ménage compte alors six enfants, trois garçons et trois filles. Louis exerce toujours le métier d'agréeur.

Extrait du recensement de 1871 de St-Roch de Québec.

En tout, le couple aura 13 enfants dont un couple de jumeaux qui ne vivront que quelques mois. Tous les enfants sont nés à la paroisse Saint-Roch de Québec. 


En 1875, Louis BERTI fait paraitre à plusieurs reprises cette publicité dans le journal Le Canadien. 



Dans l'annuaire de Québec de 1876-1877, il est répertorié comme producteur de macaroni et de vermicelle. Il habite alors au 92 des Commissaires.

Le 7 mai 1879, BERTI met en vente sa maison située au 92 rue des Commissaires comme on peut le lire dans l'annonce qu'il fait paraitre dans le journal l'Événement. Le 231 rue Prince Edward, adresse indiquée au bas de l'annonce, est la résidence de son fils Achille.


Louis BERTI tombera malade l'année suivante et dictera de son lit ses dernières volonté au notaire Louis Leclerc la veille de son décès. Il fait de son épouse sa légataire universelle et exécutrice testamentaire. Il habite toujours au 92 rue des Commissaires où le notaire s'est déplacé.

Le 2 février 1880, Louis BERTI s'éteint à son domicile du quartier Saint-Roch à l'âge de 44 ans.

Extrait du registre paroissial de saint-Roch de Québec.

Testament de Louis BERTI.



Sources

FamilySearch : Indexation des registres de naissances de Lungone. (compte gratuit requis)
Antenati : Registres paroissiaux d'état civil de Lungone et le recensement 1841.
BAnQ numérique : Annuaire de la ville de Québec et journaux. 
Ancestry : Archives des notaires, Québec, Canada, de 1637 à 1935. (abonnement requis)