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Le roi Humbert d'Italie



En fouillant l'histoire du drame de Coteau du Lac, je suis tombée sur un article publié le 14 mars 1898 à la une du journal La Patrie et qui avait pour titre L'anniversaire du Roi Humbert - La colonie italienne en liesse. Le journal tient à souligner cette fête en précisant qu'il fait pour l'occasion «abstraction de toute idée politique et religieuse». On illustre cet article de photographies de «concitoyens italiens les plus marquants».


D'abord précisons que Humbert premier de Savoie Carignan est le fils de Victor Emmanuel II et d'Adélaïde archiduchesse d'Autriche. Né en 1844, il est monté sur le trône d'Italie à la mort de son père en 1878.


Environ 4 000 Italiens vivent à Montréal en 1898. Ils ont un journal, l'Indipendente de Canada, dont Luigi Nobile est l'éditeur.

Monsieur G. Solimbergo est le consul italien à Montréal à cette époque et il a pour assistant, monsieur J. Internoscia. Une société de secours mutuel a été fondé par Alberto Dini, dont nous avons déjà parlé, ainsi que par MM. Rosati, Passero et Binda. Au passage le journal souligne la contribution de certains hommes d'affaires, et plus particulièrement celle de MM. Fenoglio et Catelli.

Contrairement à ce qu'affirme le journal, cavagliere Carlo Catelli n'est pas le premier italien à avoir «planté sa tente au Canada». Vivant à Montréal depuis plusieurs décennies, il est un certainement un des membres influents de la communauté à la fin du XIXe siècle.


Le misérable stylet italien


 

À l'aube du XXe siècle, Montréal est une toute petite ville portuaire où, entre autres, commencent à affluer quelques milliers d'Italiens chaque année. La majorité d'entre eux sont des travailleurs saisonniers, des journaliers, qui en général rentrent dans leur patelin une fois leur contrat terminé.




Le temps de leur séjour, ces hommes sont habituellement hébergés par des compatriotes qui leur louent des chambres qu'ils partagent avec d'autres «paesani». La pauvreté et le manque d'espace engendrent souvent des conflits qui parfois dégénèrent. Inutile de vous dire que les Italiens avaient alors mauvaises réputation à Montréal. 



Ils avaient également mauvaise presse. Le journaliste utilise les termes de «colonie italienne» plutôt que de communauté. Il ajoute que «Le misérable stylet italien a fait son oeuvre ...». Question d'en rajouter, il avance que le meurtre est « ... le résultat d'une de ces querelles futiles qui éclatent trop souvent au sein de la colonie italienne.»



 







Le 6 mai 1902, le Courrier de Saint-Hyacinthe relate un de ces faits divers qui s'est conclu par le meurtre d'Albino Marchioni, vendeur de crème glacée. La mention de l'adresse où s'est déroulé l'événement, permet de retracer la victime dans l'annuaire Lovell de Montréal. Toutefois, nous n'y avons pas retracé le présumé meurtrier ni son complice.



Il est mentionné dans l'article que Marchioni a une femme et trois jeunes enfants. Nous n'avons pas trouvé le remariage de la veuve ni la trace des enfants dans les recensements ultérieurs. Nous pouvons penser que l'épouse de la victime est rentrée en Italie avec eux.
























 












Extrait de l'annuaire Lovell de Montréal, 1901-1902, rue Cadieux. Albino habite au 254.