mercredi 30 novembre 2016

In America 2 - Lorenzo Bonacorsi

Depuis notre dernière publication en avril dernier, nous avons retracé quelques documents fort intéressants, c'est le moins que l'on puisse dire, au sujet de Lorenzo dit Laurent Bonacorsi. Ce migrant originaire de Fornaci di Barga en Toscane a un parcours singulier. 

Tel que nous l'avions rapporté dans le premier article, Lorenzo quitte la Toscane pour New York en 1856 avec entre autre un cousin, Michele Rigali, pour y devenir statuaire. C'est à Manchester au Vermont que les deux Italiens s'installent. Nous sommes à l'aube de la guerre civile. 

Lorenzo poursuivra sa route jusqu'à Saint-Jean-sur-Richelieu au Canada où il ne risque pas de se faire enroler. Il y retrouve un compatriote, Cristino Stefani. Ils deviendront beaux-frères en épousant deux soeurs, Domithilde et Hélène Landry.

Lorenzo tente ensuite sa chance à Montréal. C'est vers 1867 qu'il y déménage. C'est à ce moment que sa vie basculera car il se trouvera mêlé à une affaires d'émission de fausse monnaie. Il sera formellement accusé de ce méfait avec deux complices le 20 avril 1869. Les trois sont emprisonnés à Kingston où ils purgent une peine de deux ans.

     Extrait du registre du pénitencier de Kingston de 1843 à 1890 (cote RG 13, D-1, 1047), page de gauche



      Extrait du registre du pénitencier de Kingston de 1843 à 1890 (cote RG 13, D-1, 1047), page dedroite

Le journal la Minerve publie les condamnations du 19 avril dans son édition du 20 avril 1869.



Laurent Bonacorsi sortira de prison le 1er février 1869, presque au terme de sa peine. Il rentre à Montréal rejoindre épouse et enfants et reprend son métier de statuaire. Cette condamnation affecta-t-elle sa réputation? A-t-elle eu un effet négatif sur ses affaires? C'est peut-être la raison expliquant que Laurent Bonacorsi prendra la décision de déménager à Lowell au Massachusetts vers 1880.

dimanche 27 novembre 2016

Luciano Martinelli, de Florence, sculpteur 2

Le 14 avril 2015, nous avons publié un premier article au sujet de ce migrant. Voici de nouvelles informations à son sujet.

Comme il l'a déclaré au recensement du Canada de 1901, Luciano Martinelli, serait arrivé au pays en 1853 et n'a pas la nationalité canadienne. L'artiste sculpteur aurait donc environ 19 ans à son arrivée. Nous avons pu établir ce fait grâce à ce qui est pour l'instant la toute première trace qu'il ait laissé de sa présence au pays.

Cette trace que nous avons de lui démontre bien que la vie n'était pas facile à Montréal à l'époque. Lucien Martinelli s'est retrouvé en prison à Kingston le 21 octobre 1858 pour avoir poignardé et battu quelqu'un ("stabbing" et soit "battery" ou "butting"), crime qu'il aurait commis à Montréal tel qu'inscrit au registre de la prison de l'endroit. Il a purgé une sentence de deux ans. Il est d'ailleurs sorti de prison le 18 octobre 1860 à l'expiration de sa peine. Pour en savoir davantage, il faudrait voir si les documents relatifs au procès ont été conservés par les Archives de l'Ontario ou non.

Voici le registre de la prison de Kingston, scindé en deux pour une meilleure lecture. Une flèche pointant vers Lucien Martinelli a été ajoutée sur la première image.


Le registre fournit quelques informations intéressantes ainsi qu'une description physique sommaire de l'individu. Lucien Martinelli, matricule 4486, est célibataire, a 24 ans, mesure 5 pieds 4 pouces et demi, a les yeux couleur noisette et les cheveux brun foncé. Il se dit ouvrier et déclare simplement être né en Italie. 
Martinelli, quelques années après son mariage, s'est établi à Kingston où la plupart de ses enfants sont nés. Il y est mort, par noyade, le 11 septembre 1914. On y déclare qu'il est né à Florence, Italie, et qu'il est le fils de Santiano Martinelli. 
Après avoir fait la recherche, cette naissance n'est pas consignée au baptistère de Florence. Nous n'avons toujours pas retracé de document précisant davantage le lieu de sa naissance.

samedi 8 octobre 2016

Les BARGONE de Lauzon, exemple d'une réunification de famille au XIXe siècle

La réunification des famille en immigration est une réalité bien ancienne en immigration. Nous avons trouvé un exemple bien concret de ce phénomène à Lauzon, petite ville en banlieue de Québec, sur la rive sud du Saint-Laurent.

Ambrogio Bargone quitte l'île de Capraïa, île volcanique de l'archipel Toscan, vers 1863. Il est déjà à Québec le 23 avril 1864 car il y signe un bail chez le notaire François Marcel Guay.

Ambogio, alias Ambroise au Québec, épouse Henriette Gonthier à la paroisse St-Joseph de Lauzon le 2 février 1864. Il est clairement dit dans l'acte qu'il est originaire de de Capraïa, île de l'Italie. Il est précisé que ses parents sont Etienne (Stefano en italien) et Emilie Minitelie. [Il n'y a équivoque sur l'identité de la mère pour l'instant.]

     Extrait du registre de la paroises St-Joseph-de-la-Pointe-Lévy de Lauzon, Québec.

 Le 7 novembre 1874,  Ambroise Bargone renonce à ses droits successifs et les cède à sa nièce Emilia Bargone, de l'Île de Capraïa. L'acte est passé devant le notaire Jean-Baptiste Hamel dans le quartier St-Sauveur de Québec. Ambroise précise qu'il s'agit de la succession de feus Stefano Bargon et Emilia Bargon, ses père et mère.

Page 1 de l'acte de transport de droits successifs.


Le 1er septembre suivant, Michel Bargone, son épouse Maria et leur fille Emilia, débarquent à Québec. Ils stipulent qu'ils résident à St-Joseph Pointe Lévis. Voici la liste de passagers du S Texas:


Emilia Bargone, fille de Michel et Maria Emilia Gallatini, épousera Thomas Bernier, fils de Thomas et Hildegarde Vien le 6 novembre 1877 à Lauzon.

Le recensement du Canada de 1881 nous montre la famille Bargone, bien établie et vivant soit dans la même maison ou étant voisin [c'est le cas d'Emilia].

Extrait du recensement 1881 du Canada, comté de Lévis.

Ce rameau de la famille Bargone a donc quitté définitivement l'île de Capraïa en Toscane pour s'établir à Lauzon au Québec. On trouve encore aujourd'hui au Québec des descendants portant ce patronyme, mais dans une version francisée, c'est à dire BARGONÉ.

mercredi 21 septembre 2016

Le secret est dans la signature!

Quelques migrants d'origine italienne arrivés au tournant du XXe siècle savaient signer. Quelle chance! Cette signature permet de corroborer l'information inscrite à l'acte par le curé. Mais dans certain cas, les deux informations diffèrent. Il faut alors se rendre à l'évidence: le curé est loin d'être fiable!

Voici 4 actes de mariage tirés des registres de Notre-Dame du Mont-Carmel pour l'année 1906 illustrant ces variantes orthographiques générées par le curé.


1. Mariage de Michele Galardo et Stella Carlo. Le curé a inscrit Calardo comme patronyme du marié.



2. Mariage de Domenico Chiocchia et Maria Felicia Pistilli. Le curé a indiqué Pastini comme patronyme de l'épouse.



3. J'aime beaucoup cet exemple. Il s'agit de l'acte de mariage de Francesco Tiberio et Maria Fonte. Il est indiqué Di Berri comme patronyme dans l'acte!



4. Celui-ci aussi est intéressant. Il s'agit du mariage de Gaspare Lapenna et Giuseppina Giannetti. Le curé a plutôt inscrit Ciarnetti comme patronyme de l'épouse.



Heureusement que ce genre d'erreur ne survient pas dans tous les actes. Il a tout de même été assez facile de trouver ces quatre exemples. Conseil: dans le doute, réfléchir! La solution est souvent dans l'acte. Il suffit de le lire ... jusqu'au bout!

lundi 18 juillet 2016

Après la quête, le retour aux sources

Si vous êtes comme moi, le simple fait de retracer ses ancêtres et de documenter leur histoire ne suffit pas. L'accumulation de documents de preuve corrobore une hypothèse certes, mais ne comble en rien le vide identitaire laissé par les ruptures de transmission de l'histoire familiale dont les causes peuvent être multiples.

L'immigration est une de celle-là et la rupture est radicale dans ce cas. D'une part, il n'y a plus aucun membre de la famille pour raconter l'histoire familiale, et notre ancêtre migrant n'a aucune envie de la transmettre car il a fui cette histoire. Il ne souhaite que s'intégrer à son pays d'accueil, il y arrive souvent difficilement, et désire que ses enfants en fassent tout autant.

Une façon de combler ce vide, pour les descendants, est de retourner sur les traces de l'ancêtre dans le village d'origine, comme une sorte de pèlerinage. Ce village qui l'a vu naître et grandir, celui où il a appris son métier; celui qu'il a quitté pour un monde meilleur.

Des voyages sur la trace de mes ancêtres, j'en ai fait plusieurs: Lot-et-Garonne, Normandie, Toscane, Picardie, Ardèche, Charente-Maritime, Liège, Neuchâtel, etc.. Je suis la première à l'avoir fait dans ma famille. Des cousins ont ensuite également fait ce genre de voyage. De plus en plus de gens ressentent le besoin de le faire.

Dans trois mois, j'aurai terminé un cours en tourisme auprès d'un collège spécialisé en ce domaine. Mon travail consistera entre autre à créer des itinéraires de voyage. J'ai vécu des moments extraordinaires en retournant dans le pays de mes ancêtres. Je souhaite sincèrement donner la chance à d'autres de vivre de telles émotions, d'enfin boucler la boucle!

vendredi 8 juillet 2016

Les Focacci, réfugiés politiques toscans en Ligurie

Il y a quelques années, lorsque j'ai finalement découvert l'origine de mon ancêtre italien, Severino Da Prato (sosa 24), j'ai eu la chance de pouvoir compléter cette branche de mon arbre. Je suis remontée de branche en rameaux jusqu'au milieu du 17e siècle, mine de rien.

Un des actes de mariage retrouvé, celui de Francesco Merrighi (Sosa 194) et de Maria Maddalena Fogacci (Sosa 195), allait m'ouvrir un autre pan de l'histoire de la Toscane. Ce couple s'est marié à l'église Santa Maria Assunta de Loppia, commune de Barga le 26 décembre 1750. Leur acte de mariage précise que Maria Maddalena est la fille de Francesco Focacci, d'Ambrosasco duché de .... et l'acte de naissance de l'épouse (voir plus bas) donne également le nom de sa mère, Maria Raggi, et reprécise le lieu d'origine de la famille : Villa Abrosasco. Mais d'où venait donc cette famille?

Extrait de l'acte de mariage de Francesco Merrighi et de Maria Maddalena Fogacci.

Après une petite recherche, je découvre le lieu dit Villa Amborzasco, hameau de Santo Stefano d'Aveto, au nord de la ville de Gênes, aux confins de la Ligurie et de l'Émilie-Romagne. Ce lieu se situe à environ 75 km de la frontière nord-ouest de la Toscane.

 Acte de naissance de Maria Maddalena Fogacci le 3 janvier 1732 à Santa Maria Assunta de Loppia, commune de Barga.

J'ai contacté un historien de cette région ligure pour en savoir un peu plus sur cette famille. Je ne m'attendais pas à cette réponse. Il m'a expliqué que les anciens du village disaient que les familles Focacci et Raggi étaient originaires de la Toscane. Qu'ils étaient des réfugiés politiques installés à Amborzasco à l'époque des guelfi et ghibellini, en français les guelfes et gibelins.

Une fois ces conflits politiques terminés, ces familles sont rentrées en Toscane, d'abord dans le cadre de migrations saisonnières, dont le trajet se faisait à pied. Puis, certaines familles s'y sont installées définitivement vers les années 1700. C'est le cas de mes ancêtres Focacci.

https://www.facebook.com/Valdaveto/?fref=ts

lundi 11 avril 2016

In America

In America est un commentaire que l'on retrouve souvent dans les recensements des paroisses de Toscane. Pour le seul mois de mars 1856, au moins 15 hommes quittent la paroisse de Loppia pour l'Amérique. C'est sans compter ceux partis en France ou ailleurs en Italie, ni ceux pour qui on a indiqué la mention «alle figure» sans destination précise.

Un de ces garçons se nomme Lorenzo Bonaccorsi. Il naît à Loppia le 11 avril 1836 du mariage entre Giovacchino Bonaccorsi et Angiola Equi, veuve de Salvadore Riani. Sur l'extrait du recensement paroissial ci-contre, il est bien indiqué que Lorenzo est «parti per l'America» en mars 1856. Il ne part pas seul. Entre autre, son cousin Michele Rigali fait le voyage avec lui.

Recensement paroissial de Santa Maria di Loppia de 1853-1856, province de Lucca, Toscane.

On retrouve d'ailleurs Lorenzo Bonaccorsi, comme manufacturier de figurines, à Manchester, comté de Bennington au Vermont, avec son cousin Michele Rigali, ce dernier nouvellement marié, sur le recensement fédéral des États-Unis de 1860.

Extrait du recensement fédéral des États-Unis de 1860, Manchester, comté de Bennington, Vermont.

Bonaccorsi part vendre ses figurines au Québec puisqu'il s'y marie le 18 juin 1862. Le mariage a lieu à la cathédrale de St-Jean-sur-le-Richelieu. Il prend pour épouse Domithilde (Mathilde) Landry, fille de René Landry et de Céleste Tremblay. Encore une fois, il n'est pas seul puisque Cristino Stefani, son compatriote, également originaire de Loppia, épousera le même jour Hélène Landry, la soeur de Domithilde.

Le couple Bonaccorsi-Landry aura deux enfants baptisés à St-Jean, puis s'installe à Montréal, rue Amherst.
  1. Maria Elisa n et b 8 mai 1863 St-Jean-sur-Richelieu, St-Jean-l'Évangéliste
  2. Maria Graziella n et b le 8 août 1865 St-Jean-sur-Richelieu, St-Jean-l'Évangéliste
  3. Laurent n 6,  b 12 novembre 1868 Montréal, Notre-Dame
  4. Lydia ca 1877 

Extrait de l'annuaire Lovell de Montréal de 1875.

Vers 1880, la famille déménage ses pénates à Lowell, Massachusetts. Lorenzo se dit alors «pedlar» tel qu'on peut le voir sur l'annuaire de cette ville en 1885. Notez la variante orthographique!


Extrait de l'annuaire de 1885 de la ville de Lowell au Massachusetts.

Cette même année, le 29 octobre, Lorenzo alias Laurent Bonacorsi décèdera de pneumonie, à Lowell. Les enfants s'établissent dans cette ville. Nous y avons trouvé leur mariage respectif.

 4e sur la page: Laurent Buonacotsi décédé à Lowell, MA en 1885.

Une simple mention dans un recensement en Italie nous a amené à découvrir une partie du destin de ce migrant avec lequel je partage un rameau de mon arbre puisqu'il est le cousin germain de mon ancêtre Severino Da Prato!

samedi 9 avril 2016

Guido NINCHERI, artiste (1885-1973)

Guido NINCHERI est né à Prato, en Toscane, le 29 septembre 1885. Il est le fils de Pietro NINCHERI et d'Angiola Sabatina Maria ANDREOLI. Il étudie aux Beaux-Arts à Florence où il épousera Giulia BANDINELLI en 1913. Il se rend à Boston en 1913, puis s'établiera à Montréal dès 1914.

Registre des naissances de Prato, Archivio di Stato di Prato, Toscana.


Extrait de la liste de passagers du SS Canopic en 1913.

Guido Nincheri est l'un des plus grands artistes d'art religieux du Québec. On peut voir ses oeuvres dans plusieurs églises, dont Notre-Dame-de-la-Défense et Saint-Viateur d'Outremont à Montréal.

Extrait de l'annuaire Lovell de Montréal de 1920. Nincheri habite alors rue St-Urbain.


Extrait de l'annuaire Lovell de Montréal de 1930. Nincheri habite sur la rue Pie-IX à Montréal.


Plusieurs articles sont publiés en ligne sur lui et son oeuvre. Voici deux liens.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guido_Nincheri

http://www.memorablemontreal.com/print/batiments_menu.php?quartier=7&batiment=281&menu=histoire

mardi 5 avril 2016

Cousins toscans en Algérie!

Il m'est arrivé à quelques reprises de consulter le site des archives d'outre-mer françaises. Quelques fonds d'archives ont été indexés. Il est entre autre possible d'interroger la base de l'état civil de l'Algérie par patronyme. Il n'en faut pas plus pour que je me mette en mode recherche même si je sais que j'ai peu de chance d'y trouver de la famille.

Et bien j'avais tort de le penser. Voilà qu'un cousin germain de mon AAGP s'y est installé vers 1880 et tous ses enfants sont nés à Aïn Mokra, commune de Bone.

Giuseppe Da Prato, fils de Giovanni Battista et Marianna MAGRI, a épousé Assunta NOTINI, fille de Giovanni et Teresa PELLEGRINI, le 4 septembre 1879 à Fornaci di Barga en Toscane. De cette union sont nés au moins 6 enfants, enregistrés, à l'exception de l'aîné, sous le patronyme de DELPRADO:
  1. Jean né le 13 octobre 1880 à Aïn Mokra. Il épouse Pierrette PERUCCA le 21 avril 1906 à Aïn Mokra
  2. Marianne née le 10 février 1882 à Aïn Mokra
  3. Joseph Alexandre né le 18 mars 1884 à Aïn Mokra
  4. Emma Marie née le 20 octobre 1885 à Aïn Mokra, décédée le 1er décembre 1886 à Aïn Mokra
  5. Marie Thérèse née le 6 mars 1889 à Aïn Mokra, décédée le 25 décembre 1937. Elle épouse Paul LEANDRI le 12 octobre 1905 à Aïn Mokra
  6. Alfred Adrien né le 12 novembre 1893 à Aïn Mokra. Décédé en 1915 en Turquie. Soldat.
Dans l'acte de naissance de Joseph Alexandre, on lit bien que son père Joseph est né à Loppia, province de Lucques.

ANOM, état civil de l'Algérie, commune d'Aïn Mokra, registre des naissances.

De cette fratrie, nous savons que Jean, l'aîné, a eu deux enfants, Irène née en 1907 et Alexandre né en 1910. Irène a des descendants vivant aujourd'hui en France.

Nous ne savons pas si Thérèse (DELPRADO) LEANDRI a eu des enfants.

Sans la curiosité que j'ai eu de fouiller cette base de données, je n'aurais jamais su qu'un lointain cousin avait immigré en Algérie et je me serais privée de toute une branche de la famille.

samedi 26 mars 2016

Maria ARRIGHI


Mon ancêtre Severino DA PRATO a définitivement quitté son «paese» natal, Fornaci di Barga, pour New York en 1855. Ses frères Ferdinando et Raffaello l'y rejoindront 3 ans plus tard. De là, Severino et Ferdinando se rendront à Alexandria en Ontario au Canada où ils s'installeront au début des années 1860. Ce que mon ancêtre et son frère n'auront jamais su, c'est que plusieurs neveux et nièces feront sensiblement le même voyage quelques décennies plus tard et s'installeront aux États-Unis.

La sœur aînée de Severino, Fortuna, épouse Giovanni ARRIGHI, fils de Francesco et de Rosa BROGI, le 15 juin 1851 en la paroisse Santa Maria Assunta de Loppia. Le couple a eu huit enfants :

  Maria Teresa Annunziata (1853- )                          Rosa Estere Cesira (1861- )

  Giovanni Rafaello Tommaso (1856-1856)             Maria Rosa (1863- )
  Luigi Pietro Leopoldo (1857-1857)                        Martino Alfonso Eugenio (1865- )
  Tommaso Vittorio Antonio (1859- )                       Francesco Ranieri Ernesto (1871- )

Maria leur ainée naît à Fornaci di Barga, le 19 avril 1853. Elle est baptisée Maria Teresa Annunziata le lendemain en l’église Santa Maria di Loppia. Elle a eu pour parrain Tommaso Arrighi, son oncle, et pour marraine Fortuna Arrighi, sa tante.

Le 1er février 1891, Maria épouse Rinaldo Rossi, fils de Pietro et de Rosaria VANNI, en l’église Santa Maria Assunta de Loppia. Le couple est déjà en Oregon en 1893. On le retrouve dans l'annuaire.

 Portland, Oregon, city directory, 1893. Francesco et Eugene Arrighi travaillent pour leur beau-frère.

Mary n'a pas encore 60 ans lorsqu'elle devient veuve. Son mari, Rinaldo ROSSI, décède à Portland le 11 avril 1909. Au recensement fédéral des États-Unis de 1910, Mary vit à Milwaukie, en banlieue de Portland. Son frère Eugene ARRIGHI vit avec elle.
 
En septembre 1921, elle produit une demande de passeport auprès du gouvernement afin de se rendre en Italie visiter sa parenté, mais elle a également l’intention de visiter la France, les Pays-Bas et Gibraltar !

Voici sa photo de passeport!

 Maria (Arrighi) Rossi vers 1920.

En plus de ses frères Eugene et Francesco, plusieurs cousins feront le voyage. À suivre ...

vendredi 25 mars 2016

Casacalenda

Casacalenda est probablement le village qui a fourni le plus d'immigrants à Montréal. En ajoutant les villages limitrophes, il n'y a plus de doute! Cette commune de la province de Campobasso, région de Molise, compte aujourd'hui environ 2 300 habitants. Elle est situé à 25 km au nord-est de son chef-lieu, la ville de Campobasso.

Les Casacalendesi ont formé une association de secours mutuel dès 1924 à Montréal. Celle-ci existe encore aujourd'hui. Comme quoi cette communauté est encore bien vivante et fière de ses racines.

Côté ressources généalogiques, il est possible de retracer les baptêmes, mariages et sépultures de cette commune de 1809 à 1900 aux archives de l'État et pour les années plus récentes, il faut s'adresser à la mairie (anagrafe). Comme la majorité des migrants provenant de cet endroit sont arrivés avant 1930, il est possible de remonter leur généalogie sans trop de difficultés.

Voici le site web de l'association des Casacalendesi du Québec. http://casacalendamontreal.com/

jeudi 24 mars 2016

État civil de Rome sur Antenati!

Les Archives d'état de la province de Rome ont mis l'état civil en ligne sur Antenati, pour la période italienne, soit après 1865. Les années extrêmes et le contenu sont très variables d'une commune à l'autre. Bonne recherche! http://www.antenati.san.beniculturali.it/home

mardi 15 mars 2016

Que trouve-t-on comme document dans les archives?

Nous avons choisi cet exemple tout à fait au hasard.

Nous avons un couple marié en 1926 à Montréal : Donato Di MAULO et Maria Giuseppa TODARO. Les deux époux sont italiens, mais l'épouse est née à Montréal. Je cherche d'abord le formulaire de mariage dans la collection «Les mariages du Québec de 1926 à 1997» pour savoir dans quelle paroisse le mariage a eu lieu et à quelle date. Voici le formulaire et les informations que l'on recherche  aux lignes 23 et 24 :

Formulaire du mariage de Donato di MAULO et Maria Giuseppa TODARO.

Il s'agit maintenant de consulter le registre des mariages de la paroisse Notre-Dame de la Défense de Montréal pour trouver davantage d'information.

Acte de mariage de Donato Di MAULO et de Maria Giuseppa TODARO à la paroisse Notre-Dame-de-la-Défense.

L'acte est très riche en renseignements. Tout d'abord, on apprend que Donato Di MAULO est le fils de Saverio Di MAULO et de Maria Michela MARRONE, qu'il est né à Montorio nei Frentani, province de Campobasso le 20 octobre 1903. Et Maria Giuseppa TODARO est la fille de Giuseppe TODARO et de Maria SAURO, qu'elle est née à Montréal le 21 mars 1906.

Pour remonter la généalogie du côté de l'époux en Italie, je consulte les registres de l'état civil italien de Montorio nei Frentani, province de Campobasso sur Antenati. Je profite de la table décennale pour retrouver le mariage de Saverio Di MAULO avec Maria Michela MARRONE qui a eu lieu en 1892, no 18.

Extrait de la table décennale des mariages de Montorio nei Frentani de 1886-1895.

Nous avons ensuite retrouvé facilement l'acte de mariage du couple en date du 3 décembre 1892 dans les registres d'état civil de Montorio nei Frentani. Saverio est le fils d'Antonio Di MAULO et de Maria Caterina MONTANARO.

Acte de mariage de Saverio Di Maulo et de Maria Michela Morrone.

vendredi 11 mars 2016

Jean Baptiste FORTE, italien matelot, condamné en 1720 à Québec

Il ne s'agit pas d'un migrant, mais le document est intéressant en soi. En voici un passage transcrit par nous :
«Le Sieur Chéron Capitaine du batteau L'aimable
armé a la Martinique ayant fait venir pardevant
nous Jean Baptiste Forte italien matelot de son
Equipage pour se voir condamner à continuer sa
campaigne sur le dit batteau jusque au desarmement
qui doit etre fait au dit lieu de la Martinique suivant
son engagement ainsy qu'il y paroist par le Rolle
d'Equipage du trois mars de la presente année signé
du sieur Herbert faisant les fonction de commissaire
a la Martinique le dit Jean Baptiste Forte entendu qui
nous a dit qu'il se plaint de ce que le nommé André 
italien du meme équipage son camarade a esté frapé
par ... Darquin son pilotte d'un coup de baston ...
...
le dit André avait pris une hache pour en fraper le dit pilotte ...»

BAnQ Québec - Fonds des intendants - Ordonnances de l'intendant Bégon - Cote : E1,S1,P1204

 Que faisaient ces deux italiens, engagés en Martinique, au sein d'un équipage français en 1720?

Il s'agit assurément d'une rare mention de la présence d'Italiens en Nouvelle France.

mercredi 9 mars 2016

Martin MARTINO ou Martino MARTIN?

Il arrive assez souvent que le patronyme des migrants italiens soit légèrement modifié, tronqué ou encore francisé. Mais qu'en est-il lorsqu'il y a confusion entre le prénom et le patronyme. Nous avons justement un cas où d'un document à l'autre le patronyme devient prénom et le prénom, patronyme.

Martino MARTIN, fils de Santo et de Caterina COVATIS, naît le 5 mars 1879 à Sedegliano, province d'Udine.

Naissance de Martino Martin, registre d'état civil de la commune de Sedegliano, province d'Udine.

Fait à noter sur son acte de naissance, l'annotation marginale indique bien qu'il s'est marié à Montréal et le nom de son épouse. Il ne peut donc pas y avoir confusion.

Le 18 février 1906 à la paroisse Notre-Dame-du-Mont-Carmel de Montréal, Martino prend Ester LENISA-ZUZZI pour épouse. Il signe le registre : Martin Martino!

Registre paroissial d'état civil, mariages de la paroisse Notre-Dame-du-Mont-Carmel de Montréal.

En marge de l'acte de mariage, on donne l'adresse des époux, soit le 1233 de la rue Clark. On précise au passage que le couple vivait en concubinage depuis 7 ans!

Maintenant, voyons ce que dit l'annuaire Lovell de Montréal pour l'année 1906-1907.

Extrait de l'annuaire Lovell de Montréal 1906-1907.

Nous le retrouvons sous le patronyme français Martineau! Décidémment ... Le recensement 1911 identifie correctement notre migrant: MARTIN Martino, le patronyme précédant le prénom. À noter qu'il est arrivé au Canada en 1902.

Extrait du recensement 1911 du Canada, Montréal district Maisonneuve, Image numéro e002065830.

Enfin, son acte de sépulture confirme le tout. Martino MARTIN, décédé le 30 mai 1935 à Montréal, est inhumé le 1er juin suivant.

Extrait du registre paroissial d'état civil des sépulture, paroisse Notre-Dame-de-Montréal, 1935, feuillet 295.

Dans un cas comme celui-ci, un seul document ne suffit pas pour identifier correctement l'individu recherché. Nous pouvons donc répondre à la question de départ: Martino MARTIN!

mardi 8 mars 2016

Embryon de la Petite Italie ou «Piccola Italia » de Montréal


Les familles italiennes quittent peu à peu le Centre-Ville pour aller s'installer plus au nord, entre les rues Van Horne et Jean-Talon, entre autre sur la rue Clark, comme il est possible de la constater sur l'extrait d'une page de l'annuaire Lovell de 1911-1912.

Annuaire Lovell, Montréal et sa banlieue : Série principale (1842-1977) : 1911-1912. À noter qu'au 1233 de la rue Clarke, il faudrait lire Martino Martin. Le patronyme a été francisé.

Il est possible de faire le même constat sur le recensement 1911 du Canada pour la même rue.

Extraits de deux pages du recensement 1911 du Canada, rue Clark à Montréal.

Sur cette page du recensement, il est également possible de connaître l'année d'arrivée du migrant au pays et l'année de sa naturalisation, le cas échéant.

samedi 5 mars 2016

Francisation du nom de famille

Les Italiens arrivés au Canada dans la première moitié du XIXe siècle ont dans plusieurs cas francisé leur patronyme, question de se mêler plus facilement à la population canadienne-française. Ceux-ci ont d'ailleurs pour la plupart épousé une fille du pays.

Il ne restait donc qu'un pas à faire l'assimilation complète: modifier le nom de famille. Ainsi les Giulia deviennent des Julien, les Giovannetti des Jovanite et les Ceruto des Céroute ou Séroute. Voici quelques documents pour illustrer le cas Ceruto devenu Céroute.

Mariage de Domenico Ceruto le 27 novembre 1816 à Montréal, paroisse Notre-Dame

Mariage de Priscille Céroute, fille de Domenico Ceruto, le 30 septembre 1840 à Montréal, paroisse Notre-Dame.

 Mariage de Catherine Céroute, fille de Domenico, le 8 février 1841 à Montréal, paroisse Notre-Dame.

À la sépulture d'une de ses filles le 1er octobre 1846 à Montréal, Catherine devient Marguerite Séroute.

samedi 13 février 2016

Nuit de la généalogie - un événement unique


Dans le cadre de la Nuit blanche à Montréal, la SGCF, en collaboration avec le Château Ramezay, présente la Nuit de la généalogie. Vous pourrez déterrer vos racines familiales, en savoir davantage sur les ressources et peut-être même élucider des mystères familiaux.

Nous serons présent.

Au musée et site historique du Château Ramezay
280, rue Notre-Dame Est, à Montréal
Le samedi 27 février 2016, de 19h à minuit
Entrée libre
Pour info : 514 527-1010

L'émigration italienne au Canada - quelques chiffres

Au XIXe siècle, les Italiens ayant immigré au Canada se retrouvent presque exclusivement à Montréal. Puis, leur présence s'étendra à Toronto et à la vallée de l'Okanagan, en Colombie-Britannique.

Selon Bruno Ramirez, on dénombre annuellement entre 1880 et 1898 environ 360 immigrants par année en provenance d'Italie. Ce nombre dépasse le millier à partir de 1899 et en 1905 il atteint 5 930 individus.

Les trente premières années qui suivirent l'unification de l'Italie, ce sont les gens du Nord, plus affectés économiquement, qui immigrent. Ainsi, jusqu'en 1891 67% des émigrants provenaient du Nord, contre 11% du centre et 22% du Sud. Au tournant du 20e siècle, ces chiffres s'inversent.


vendredi 12 février 2016

samedi 23 janvier 2016

D'où viennent les Italiens de Montréal

D'abord, bonne année à tous!

Je déborderai légèrement du XIXe siècle car j'ai relevé les 55 mariages ayant eu lieu à la paroisse Notre-Dame-du-Mont-Carmel à Montréal en 1906, année d'ouverture de cette dernière.

Sur les 110 époux, 36 sont originaires de la province de Campobasso et 22 de Caserta. Donc environ 50% des individus sont originaires de ces deux provinces. 7 femmes se disent natives du Québec contre 2 hommes. Parmi ceux-ci, certains proviennent d'une famille d'origine italienne. Deux femmes dont le patronyme est d'origine italienne sont nées en France, mais aucun homme.

Il a été possible de retrouver l'acte de baptême de 25 des 36 époux provenant du Campobasso puisque les registres d'état civil sont disponibles pour cette province. En tout, nous avons retracé sans très grand effort 36 des 110 naissances, y compris bien sûr celles ayant eu lieu au Québec.

Quant à ceux qu'il reste à trouver, cela dépendra de leur «comune» d'origine. Les mormons ont certains de ces registres dans leur voûte. Pour d'autres, il sera possible d'écrire à la paroisse ou au centre d'archives. Pour une partie d'entre eux, il sera probablement impossible de retracer leur acte de naissance ou de baptême.