Mathieu PALLASCIO (vers 1785-1869)


Selon le contrôle général du régiment suisse de Meuron établi en 1816 lors de sa dissolution, Mathieu PAILLASSO (sic), matricule 1368, est originaire d'Asti en Piémont. Au moment de son entrée au régiment, il avait 21 ans. Le document nous apprend qu'il mesurait 5 pieds 7 pouces et qu'il était laboureur de profession. Il est entré au service du régiment le 12 juin 1807 alors qu'il se trouvait à bord du Recovery, à Spithead. L'échéance de son engagement était prévue pour le 15 mai 1814, mais il a reçu son congé quelques semaines plus tôt, soit le 24 mars.




Ce registre est la toute première trace de ce soldat retrouvée dans les archives civiles ou militaires. Il en va de même pour 21 des 27 soldats recrutés à Spithead. Plusieurs pistes de recherche peuvent encore être explorées, dont la liste des conscrits conservées dans les centre d'archives de l'état correspondant au lieu de résidence du conscrit. 

Quant à son service au sein du régiment de Meuron, on retrouve Mathieu PAILLASSO sur l'ensemble des listes de paie du régiment dressées tous les trois mois (en mars, en juin, en septembre et en décembre), entre juin 1807 et mars 1814.


Mathieu PAILLASSES (sic) s'engage ensuite au sein du corps des Voltigeurs canadiens. Son acte d'engagement est enregistré au greffe du notaire Roger Lelièvre en date du 30 novembre 1814. Puis le 4 mars 1815, il s'engage à nouveau, mais cette fois comme domestique auprès d'Antoine Juschereau Duchesnay.

Engagement de Math. PAILLASSES du 30 novembre 1814, notaire Roger Lelièvre.

Engagement de Mathieu PAILLASSON du 4 mars 1815, notaire Roger Lelièvre.

Deux années plus tard, Mathieu épouse Claire BRIEN dite DESROCHERS le 21 juillet 1817 à la paroisse Notre-Dame de Montréal. Dans l'acte de mariage, on précise qu'il est le fils de Wilhelmo et de Marie SCANAMINE et que ces derniers sont d'Aste, nom français d'Asti, en Piémont. Mathieu, dont le patronyme prenait la forme de PAILLASSO durant ses années de service militaire, est appelé PALACHIO dans cet acte. L'équivalent de cette graphie en italien serait PALASCIO.

Au sujet de l'identité de ses parents, il est intéressant de lire que le prénom du père, Wilhielmo, est une sorte de version hybride de Guglielmo et de William. Quant à sa mère, le patronyme mentionné dans l'acte de mariage ne semble pas exister en Italie. En revanche, on trouve celui de SCANAVINO à Asti. Il s'agit d'une hypothèse de recherche intéressante.

Acte de mariage du 21 juillet 1817 à Montréal.

On retrouve Mathieu PALACIO (sic) comme chef de famille au recensement de 1825 du Canada. La famille est composée alors de quatre personnes : 1 homme marié âgé entre 40 et 60 ans, une femme mariée âgé entre 14 et 45 ans, un enfant âgé entre 6 et 14 ans et un enfant âgé de moins de six ans.

Extrait du recensement de 1825 du Canada.

Pour retracer Mathieu dans les documents d'archives, il faut faire preuve d'imagination car la graphie de son nom de famille varie pratiquement d'un acte à l'autre. On le trouve sous PALACHIO, PALACIO, PALARCHIO, PALASSIO ou encore PALATIO. 

Le 13 août 1839, Mathieu PALATIO est présent au mariage de son fils Guillaume avec Marguerite PICARD à l'église Notre-Dame de Montréal. Il est également cité au recensement de 1842 à Montréal sous le nom de Mathiew PALIASSES. Le ménage compte trois personnes.

Au recensement de 1861, Matthieu PALATIO âgé de 80 ans, est hébergé à l'hospice La Jemmerais à Varennes. 


Extrait du recensement de 1861 du Canada.

Matthieu PALASCIO s'est éteint le 11 avril 1869 à Montréal à l'âge de 88 ans.

Acte de décès de Mathieu Pallascio.


Sources


Ancestry : Registres de service des régiments britanniques, Royaume-Uni, 1756-1900. (abonnement requis)
Ancestry : Feuilles d'appel et listes de paie de la milice canadienne et de l'armée britannique, 1795-1850. (abonnement requis)
Généalogie Québec : registres paroissiaux d'état civil du Québec. (abonnement requis)
Bibliothèque et Archives nationales du Québec : Archives des notaires du Québec.
Bibliohtèque et archives Canada : recherche dans les recensements.


Liberta Bernardino GIRALDI - aubergiste de Montréal

Liberta Bernardo GIRALDI (ca 1780 - 1830), aubergiste de Montréal, serait né dans la cité de Lucca, en Toscane, selon son avis de décès. Il avait pour conjointe Maria Clorinda Carolina SACRAMONI. 

Bernardo GIRALDI est le frère de Serafino GIRALDI (1797-1869), aussi aubergiste à Montréal, et le beau-frère de Maria Anna Grazia BOSNAS, première épouse de son frère.

En 1825, Bernardo est recensé à Montréal avec sa conjointe. Une troisième personne âgée entre 6 et 14 ans complétait le ménage. Il pourrait s'agir d'un ou d'une domestique.


Journal La Minerve, édition du 23 août 1827.

Carolina SACRAMONI décède le 28 août 1828 à Montréal à l'âge de 49 ans. 

Acte de décès de Maria Clorinda Carolina Sacramoni, ND de Montréal.

On peut lire son avis de décès dans l'édition du 1er septembre 1828 du journal la Minerve.

Quant à Bernardo GIRALDI, il décède à son tour le 3 septembre 1830 à Montréal aussi à l'âge de 49 ans.

Acte de décès de Bernardo Giraldi, ND de Montréal.

Avis de décès de Bernardino Giraldi publié dans La Minerve le 6 septembre 1830.

Serafino GIRALDI fait dressé l'inventaire des bien de son défunt frère par le notaire Charles Huot le 8 septembre 1830. Leur vente a eu lieu le 13 septembre suivant à la demeure du défunt, rue Saint-Paul à Montréal. L'inventaire ainsi que le procès-verbal de vente des biens, portant les numéros 2845 et 2846, ont disparu du greffe dudit notaire. En faisant publier l'annonce de la vente dans le journal La Minerve, le notaire s'est trompé dans l'identité du défunt. Il a utilisé comme patronyme le prénom du frère du décédé.

Publication dans le journal La Minerve du 9 septembre 1830.





Source

BAnQ numérique - collection Revues et journaux : Journal La Minerve.
BAnQ numérique - archives des notaires du Québec : Greffe du notaire Charles Huot.
Généalogie Québec : Actes d'état civil du Québec. (abonnement payant)


Joseph LEVIS 1784-1856, soldat piémontais du régiment de Meuron

Joseph LEVIS arrive au Canada comme soldat du régiment de Meuron en juillet 1813. Il était entré au service de ce régiment le 11 mars 1807 alors qu'il était prisonnier de guerre à Guernesey. Originaire de Riva en Italie, il était tisserand de métier. Mais comment cet Italien s'est-il retrouvé en prison à Guernesey?


Extrait du registre du régiment de Meuron.

Et bien, c'est la faute à Napoléon! En 1806, le Piémont est annexé au territoire français. Napoléon qui a besoin d'hommes pour mener ses campagnes militaires en profite pour incorporer des régiments italiens au sein des troupes françaises et établir la conscription obligatoire. Ainsi, Joseph Antoine LEVIS est conscrit l'an XIII du calendrier républicain (1804-1805) et incorporé dans le 82e régiment d'infanterie de ligne le 13 fructidor an XIII, soit le 31 août 1805. 

Selon le contrôle de troupe, Joseph LEVIS est le fis d'Antoine Marie LEVIS et de Dominique BELLO. Il est né en 1784 à Riva, département du Pô en Italie, dont Turin est le chef-lieu. On lui connait une soeur, Marie Thérèse LEVIS qui épouse Mathieu GILLIO le 11 janvier 1806 à Riva.

Extrait du registre matricule napoléonien du 82e régiment de ligne.

Stratégie militaire oblige, un régiment est rarement au complet dans un même lieu. Un détachement du 82e s'est retrouvé à la Martinique en garnison en 1805 et a participé à quelques batailles. Le 15 septembre 1806, Napoléon veut y envoyer 2000 hommes en renfort, dont deux compagnies du 82e totalisant 300 soldats, qui se trouvaient dans un dépôt militaire de Rochefort en France en attendant de passer dans les Antilles. Cette expédition tourne mal et quatre des sept frégates françaises, dont La Gloire. vaisseau amiral sur lequel se trouvait Joseph LEVIS, sont capturées au large de Rochefort par les Anglais. Soldats et équipage sont fait prisonniers. Joseph LEVIS sera rayé des contrôles régimentaires du 82e régiment le 21 novembre 1806. 

Les prisonniers sont dispersés dans des prisons situées dans des ports de la Manche. Le registre des prisonniers de guerre de la Royal Navy indique que LEVIS, inscrit au numéro 9456, est envoyé à Forton près de Portsmouth. 


Extrait du registre des prisonniers de guerre de la Royal Navy.

Ce document nous renseigne d'abord sur le circonstances de sa capture. Il fournit une description physique sommaire. On y apprend que LEVIS mesure 5 pieds 4 pouces. Il a le visage oval, le teint foncé, les cheveux brun clair et les yeux bleus. Il porte aussi des marques de petite vérole. Enfin, le registre indique l'équipement fourni au prisonnier. LEVIS reçoit un matelas, un hamac, une couverture, une veste, un gilet et des bas. Il vivra à bord du Vigilant, un bateau prison, du 4 octobre au 12 décembre 1806. Puis, LEVIS sera transféré au camp Norman Cross où il arrive le 22 décembre suivant. Il sera libéré le 1er janvier 1807. LEVIS rejoindra le régiment de Meuron à Guernesey et entrera à son service le 11 mars suivant.

Extrait du registre des prisonniers de guerre du camp de Norman Cross.

En juillet 1813, le régiment de Meuron arrive au Québec. LEVIS fait partie des troupes. À peine six mois après son arrivée au Québec, le 24 janvier 1814, Joseph LÉVIS reçoit son congé. Quelques semaines plus tard, le 16 mai 1814 à Montréal, il prend pour épouse Clémence DUSSIAU, fille mineure d'Alexandre et d'Anne LEGRIS. Jean BARBIER et Remi BELLOCCHIO, frères d'arme, sont présents au mariage et ont signé avec l'époux. Le couple aura au moins 9 enfants dont sept se marieront et auront une descendance.

Acte de mariage de Joseph LEVIS.

Joseph LEVIS s'éteint le 26 septembre 1856 à Rigaud au Québec à l'âge de 72 ans. Il est inhumé trois jours plus tard dans le cimetière de la paroisse. ▪︎

Acte de sépulture de Joseph LEVIS.


Sources

Généalogie Québec : Registres d'état civil du Québec (abonnement requis)
Mémoire des Hommes : Registres matricules napoléoniens (gratuit)
Ancestry : Registre des soldats du régiment de Meuron (abonnement requis)
L'histoire du 82e régiment d'infanterie de ligne aux Antilles.

Pauline Marie Rose RICCI d'Isernia région du Molise

Le 12 novembre 1821 à Montréal, Pauline Marie Rose RICCI (Ritchi dans l'acte), fille de Cyprien RICCI bourgeois et d'Anastasie PETRARQUE prend pour époux Giovanni Pietro DOMINI, fils d'Antoine DOMINI et de Marie PIETROLONGO de la ville de Naples. Pauline RICCI, selon son acte de mariage, est originaire d'Isernia, royaume de Naples. Isernia se trouve aujourd'hui dans la province de Campobasso, Molise.

Extrait de l'acte de mariage de Pauline Marie Rose RICCI.

Une des conséquences de la guerre de 1812 est l'arrivée de nombreux soldats, dont des italiens originaires tant du nord que du sud de l'Italie. Avec les troupes, on trouve aussi des épouses, des domestiques et des vivandières. Tous, Italiens, Français, Suisses, Polonais, Belges ou Néerlandais, étaient installés à la garnison à Montréal. Cela s'est reflété dans les documents d'archives, en particulier dans les registres paroissiaux. 

Au sortir de la guerre, une petite communauté italienne vit à Montréal au sein de laquelle on retrouve Pauline RICCI. Retracer une femme dans les archives, surtout si elle est célibataire, s'avère plus compliqué. Outre son acte de mariage, nous n'avons retracé qu'une seule autre mention de cette Molisane dans les registres paroissiaux d'état civil. L'acte de baptême de Paul Dominique BRUSCHESI le 9 juillet 1819, révèle que Pauline RICCI en est la marraine deux ans avant son mariage. Elle y déclare ne savoir signer. Fait intéressant à souligner, outre le baptisé, toutes les personnes mentionnées dans cet acte de baptême sont nées en Italie. Le parrain, Paul Montanari un vétéran du régiment de Meuron, est Lombard, le père du baptisé, Dominique BRUSCHESI vétéran du régiment de Watteville, est originaire de Gravina, soit en Sicile ou dans les Pouilles. Nous ne connaissons pas pour le moment l'origine exacte de la mère de l'enfant, Carmela PERFETTI. 

Pauline RICCI marraine de Paul Dominique BRUSCHESI.

En ce qui concerne la famille RICCI, on la retrouve bien à Isernia à l'époque du mariage de Pauline. Nous avons retracé les mariages d'un frère, Giannantonio RICCI, le 18 septembre 1825 à Isernia. On le dit natif de Sant'Agapito, commune située près d'Isernia. Il a alors 34 ans. Et le mariage d'une soeur, Rachela RICCI, qui a eu lieu le même jour à Isernia. Elle est native de Sant'Agapito et est âgée de 30 ans. On y apprend que leur père, Cipriano RICCI, est décédé et que leur mère, Anastasia PETRARCA, est toujours vivante. En consultant les documents relatifs à ces mariages, nous retrouvons un extrait de l'acte de décès de leur père. Cipriano RICCI est décédé le 6 mars 1796 à l'âge de 50 ans. Il laissait donc des enfants en très bas âge.

Extrait de l'acte de mariage de Giannantonio RICCI, frère de Pauline.

Pauline RICCI ne semble pas avoir laissé de descendance à Montréal. Malgré qu'elle n'ait laissé qu'une toute petite trace de sa présence en sol québécois, il a tout de même été possible d'établir avec certitude son lieu d'origine en recoupant les informations contenues dans les actes avec celles laissées dans les registres de sa commune d'origine par des membres de sa famille. ▪︎

Sources

  • Généalogie Québec : registres paroissiaux d'état civil du Québec. (abonnement requis)
  • Antenati : registres d'état civil italien. (gratuit)
  • FamilySearch : relevés des registres d'état civil d'Isernia. (compte gratuit)

Dominico BRUSCHESI soldat du régiment de Watteville


Dominico BRUSCHESI serait né vers 1777 à Gravina, en Italie. Il existe deux communes de ce nom, une en Sicile, l'autre dans les Pouilles. Dans le registre contenant la description des soldats du régiment de Watteville, on peut lire qu'il a 34 ans, qu'il mesure 5 pied 4 pouces, qu'il a le teint frais, les cheveux noirs et les yeux bruns. 


Signature au baptême de sa fille en 1817 à Montréal.

Ce même registre nous apprend que Dominique BRUSCHESI a été recruté en Espagne, comme sergent de la 3e compagnie, le 20 janvier 1811. Une note de la liste de paie allant du 25 mars au 24 juin 1811, faite à Messina, précise qu'il a été payé à Gibraltar jusqu'au 2 avril de la même année. On le retrouve sur les listes de paie du régiment de Watteville du 24 juin 1811 jusqu'au 8 octobre 1816 sous le nom de BRUCHISI, BRUCHESI, BRUSCHESI, BRUSCHISI, BURCHESI mais le plus souvent BURCHISI.  

Recrue payé à Gibraltar jusqu'au 2 avril.

Le 7 janvier 1812, il est rétrogradé au rang de soldat et rejoint la 9e compagnie. Malade, il rentre à l'hôpital régimentaire en février 1812 et y restera jusqu'en décembre. Au printemps 1813, le régiment est envoyé au Bas-Canada. Dès son arrivée en juin 1813, Dominique BURCHESI (sic) tombe malade et entre à l'hôpital régimentaire. Il sera à nouveau de service en septembre suivant.

Ce vétéran de la guerre de 1812 s'installe à Montréal où il devient marchand. Époux de Carmela (parfois Carmine) PERFETTI, le couple aura trois enfants. D'abord une fille, Catherine Anne, née le 30 mai 1817 à Montréal et baptisée le lendemain. Elle a pour parrain Emmanuel D'AUBREVILLE, officier au régiment de Watteville puis capitaine de Voltigeurs canadiens, et pour marraine, Catherine épouse du parrain. Célibataire, elle décède le 31 décembre 1882 à Montréal. Ensuite, Paul Dominique nait le 8 juillet 1819 et est baptisé le lendemain à Montréal. Il a pour parrain Paul MONTANARI, vétéran du régiment de Meuron, et pour marraine Pauline RICCI, originaire d'Isernia, région de Molise en Italie. Paul Dominique est le seul à assurer la descendance de la famille à Montréal. Il décède le 17 mai 1881 à Montréal. Enfin, Denis Benjamin vient au monde le 17 mai 1821 et est baptisé le jour suivant à Montréal. Il a pour parrain Denis Benjamin VIGER et pour marraine Marie Amable FORTIER, épouse du parrain. Ce troisième et dernier enfant du couple décède le 1er juin suivant.

Dominico BRUSCHESI décède le 12 août 1832 à Montréal, moment où sévit une épidémie de choléra. Carmela PERFETTI survit à son mari et fait faire l'inventaire des biens par le notaire Charles-Alexandre Terroux le 18 août suivant. Puis, le 3 septembre 1833 à Montréal, Carmela épouse en secondes noces Pierre Joseph Marie PINSON, vétéran du régiment de Meuron. Cette dernière union sera brève puisque ce dernier décède le 15 août 1834. Carmela contracte un troisième mariage avec Séraphin PREVOST le 27 novembre 1837 à Montréal.

Carmel PERFETTI veuve BRUCHESI décède à Montréal le 13 mai 1883 à Montréal. ▪︎


Note

Un caporal au régiment de Watteville se nomme Giuseppe PERFETTI. Il est originaire de Naples. Y aurait-il un lien de famille avec Carmela ?


Sources

  • Registre de service des régiments britanniques, Royaume-Uni, 1756 à 1900. Liste des soldats, vétérans et prisonniers. Régiment de Watteville. (Ancestry sur abonnement)
  • Registres paroissiaux de Notre-Dame de Montréal. (Généalogie Québec sur abonnement)
  • BAnQ : Inventaire après décès, greffe de Charles-Alexandre Terroux (CN601, S380). (consultation sur place)

Listes de passagers - un outil de recherche

Les listes de passagers sont un outil incontournable pour retracer nos ancêtres. Selon l'époque à laquelle votre ancêtre a voyagé, elles peuvent apporter des informations fort intéressantes.

Les plus anciennes listes de passagers contiennent moins d'informations mais peuvent tout de même être utiles et enrichissent les dossiers de recherche. Vous y trouverez le nom du bateau, le port de départ et celui d'arrivée, la date d'arrivée ainsi que le nom, l'âge, l'occupation et l'origine du passager et sa destination. Voici un extrait de la liste du Baltic parti de Livourne et arrivé à New York le 17 septembre 1857. On y voit entre autres, à la ligne 7, Giovanni GHILONI âgé de 23 ans, journalier originaire de la province de Lucca.


Les listes du début du 20e siècle sont les plus intéressantes. Les informations qu'on y retrouvent sont réparties sur deux pages. La première indique le nom du navire, les ports de départ et d'arrivée, les dates de départ et d'arrivée, le nom du voyageur, son âge, son état civil, son occupation, sa nationalité, son origine et, le plus intéressant, le nom de son plus proche parent dans le pays d'origine ainsi que sa destination finale. La seconde page apporte des informations supplémentaires comme le fait d'avoir déjà séjourné aux États-Unis, le nom et l'adresse du parent ou de l'ami chez qui se rend le passager, une description physique et le lieu de naissance. On y précise (colonnes 19 à 21) si le passager a déjà fait de la prison, s'il est un anarchiste et s'il est polygame!

Voici un exemple tiré de la liste de passagers du S. S. Ancona parti de Gênes le 13 mai 1901 et arrivé à New York le le 27 mai suivant. (Voir un exemple détaillé plus bas)




Dans l'exemple suivant tiré de la liste de l'Ancona, sur la première page on aperçoit Giuseppe VANNI, 37 ans, journalier italien dont l'épouse Clotilde VANNI habite à Piano di Coreglia. Il se rend à Boston. Sur la seconde page, on apprend qu'il a déjà séjourné aux États-Unis entre 1898 et 1908. Il ne se rend chez personne en particulier. Il est en bonne santé. Il mesure 5 pieds 9 pouces, a le teint pâle, les cheveux et les yeux noirs. Il est né à Piano di Coreglia, province de Lucca. ▪︎

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Source

Listes de passagers et d'équipage arrivant à New York, États-Unis de 1820 à 1957. (sur Ancestry, site payant)

Carlo Catelli un entrepreneur visionnaire

 Trois ans après avoir ouvert une manufacture de macaroni à Montréal, Charles (Carlo) Catelli fait l'annonce de son agrandissement dans les journaux de Montréal. 

Cette publication nous apprend que, trois ans plus tôt, il a fait venir deux neveux d'Italie, Carlo Onorato né vers 1848 et Pietro né vers 1847, dans le but de démarrer cette entreprise. Dans l'article, on apprend aussi qu'un engin à vapeur acquis récemment a permis d'au moins tripler la production de boîte de macaroni chaque année. ▪︎



Source

Natale DA PRATO (1866-1936) statuaire originaire de Barga

 

Acte de baptême de Natale DA PRATO.

Natale DA PRATO, fils de Michele (petit-fils de Domenico) DA PRATO et de Fortunata (petit-fils de Domenico) LUCCHESI est né et a été baptisé le 24 décembre 1866 à Barga, en Toscane. Sa mère décède à l'hospice de Barga le 8 mars 1867, peu après sa naissance. Le 25 juin 1868, son père épouse en secondes noces Elisabetta BIAGIOTTI, fille de Giuseppe BIAGIOTTI et Giulia GHILONI.

Recensement 1887 Barga.
Recensement 1886 Barga.

Recensement 1889 Barga.
Recensement 1888 Barga.


Au recensement de Barga de 1889, il est précisé que Natale DA PRATO est à l'étranger par la mention «fuori». Deux ans plus tard, on retrace Natale DA PRATO, alors figuriste, à Cornwall en Ontario, au Canada, grâce au recensement fait en 1891. On découvre qu'il est alors marié puisque son épouse Alice, âgée de 20 ans et née en Angleterre, est recensée avec lui.


Extrait du recensement 1891 de Cornwall, Ontario [agrandi pour une meilleure lecture].

Quelques semaines après y avoir été recensés, un fils, Joseph, né le 7 juin, a été baptisé le 14 juin 1891 à la paroisse Saint-Colomban de Cornwall. À ce jour, nous n'avons toujours pas retracé le mariage de Natale et Alice.

L'identité de l'épouse de Natale n'est pas encore complètement déterminée. Au recensement 1891 (voir ci-dessus), elle se prénomme Alice, mais à la naissance de leur fils quelques semaines plus tard, c'est le prénom d'Elizabeth qui est inscrit dans l'acte (voir ci-dessous).

Registre paroissial de Saint-Colomban, Cornwall, Ontario, Canada.

Le couple rentre en Italie vers 1892 avec leur jeune fils. Leur deuxième enfant, une fille prénommée Celestina Maria Assunta, naitra à Barga, le 5 janvier 1893 selon ce qui est inscrit dans l'acte de baptême du 24 janvier au registre de la paroisse San Cristoforo. Le nom de la mère de l'enfant est Maria Alice ROBERTS, fille de Guglielmo Enrico [ou William Henry en anglais] (voir ci-bas).

Baptême de Celestina DA PRATO au registre paroissial de San Cristoforo, Barga, Toscane Italie.

Extrait de l'acte de naissance de Celestina DA PRATO, fille de Natale.

Or, dans l'acte de naissance de Celestina daté du 7 janvier 1893, on précise que l'enfant est née le 4 janvier [et non le 5] et que sa mère s'appelle Elena, fille de feu Luigi ROBERTIS. Pour son père Natale, les choses sont plus claires. Il a alors 26 ans et est figuriste.

Cette même année, la famille repart outre Atlantique, vers New York aux États-Unis, où leur navire arrive le 9 mai 1893. Sur la liste de passagers, on trouve Natale DA PRATO 27 ans «marble cutter», son épouse Elena âgée de 20 ans et leur fille Celestine, âgée de 3 mois. Leur fils ainé, Giuseppe, est resté chez ses grand-parents à Barga (voir ci-bas).

Liste de passagers 1893.

Recensement paroissial de 1900 de San Cristoforo de Barga.

Pour la petite histoire, ce Natale DA PRATO (sans lien de parenté) et Severino DA PRATO mon ancêtre, originaires de la même commune (Natale est né à Barga et Severino, à Fornaci) ont habité pendant environ deux ans à moins de 50 km l'un de l'autre en Ontario au Canada. ▪︎


Sources :

Degli Innocenti ou Dell'Ospedale - les enfants trouvés

 

Ils s'appellent Degli Innocenti ou encore Dell'Ospedale. Ces patronymes sont ceux donnés aux enfants trouvés. Des familles en hébergeaient un, parfois deux, comme on peut le constater dans les recensements paroissiaux. Ils y sont inscrits avec la mention  «spedalino».



On trouvait à Pise, entre autres, un hôpital qui s'occupait de ces orphelins: l'
Ospizio dei Trovatelli, dont l'existence remonte au début du XIVe siècle. La vocation du bâtiment avait d'abord été de recevoir les malades et est ensuite devenu un abri pour les enfants abandonnés. Il avait pour but de remédier à la pratique de l'exposition des nouveau-nés, c’est-à-dire leur abandon dans un endroit leur permettant d’être recueillis par un individu ou par une communauté soignante. L'Ospizio dei Trovatelli sera fusionné avec l'hôpital Santa-Chiara à la fin du XVIIe siècle.

On y atteste la présence de la « roue », un système consistant en un tambour rotatif en bois placé à l'extérieur du bâtiment en face d'une fenêtre grillagée dans laquelle on plaçait l'enfant. On la tournait ensuite de sorte qu’il était possible de récupérer le bébé à l'intérieur de la structure. La grille était destinée à limiter le nombre d'enfants à accepter et permettait le passage aux seuls nouveau-nés. La roue ne sera retirée qu’en 1921. Notez sur l'image ci-contre, un bébé en langes au-dessus d'une fenêtre indiquant l'endroit où se trouvait la roue.


Extrait du recensement paroissial de 1850 de Loppia, en Toscane.
La famille qui abandonnait le nouveau-né laissait une note y indiquant sa date de naissance. On pouvait aussi y fournir une suggestion de prénom à donner à l'enfant. L'institution faisait ensuite baptiser le poupon. Dans cet acte, on relatait alors les circonstances de sa découverte et on décrivait même les vêtements portés par l'enfant abandonné. L'image ci-contre est tiré d'un recensement paroissial. On y voit Francesca LUCHINI veuve de Iacopo RIANI, ses deux fils et un enfant nommé Tito VERITELLI avec la mention «spedalino». ▪︎


Source

Barga Genealogy Research Group : recensement paroissial de Loppia.